27 juin 1910 : naissance de Pierre Joubert


Article paru le 27 Juin 2024 dans la Mayenne Aujourd’hui 

Pierre Joubert a dessiné pendant plus de 77 ans : plus de 15000 dessins !

Par son talent, il a transformé le Scoutisme en épopée, le Signe de Piste en collection mythique. Et parallèlement, il fut un très grand peintre de Marine et un magicien de l’Histoire.

Il commence de dessiner très tôt, et ses cahiers d’écolier sont couverts de dessins. C’est tout naturellement qu’il entre, à 14 ans, à l’Ecole des Arts Appliqués de Paris. C’est au même âge qu’il découvre, un peu par hasard, le scoutisme. L’une et l’autre expérience, le dessin et le scoutisme, marqueront toute sa vie.

Remarqué en 1927 par Paul Coze, il publie son premier dessin en 1927, dans la revue «Le Scout de France», et il n’y aura que la cécité pour le contraindre à arrêter de dessiner.

Après avoir travaillé à la revue «L’Illustration», il est embauché au Quartier Général des Scouts de France. Illustrateur indépendant, son travail reste surtout lié aux éditions Alsatia et aux collections Signe de Piste, ainsi qu’aux plus grands noms de la littérature scoute. Il donne ainsi un visage à de nombreux héros, parmi lesquels le légendaire Prince Éric, de Serge Dalens. Cela ne l’empêche pas de travailler pour de nombreux éditeurs: Marabout (avec la série Bob Morane d’Henri Vernes), Hachette, Ouest-France, les Scouts de France, Gautier-Languereau, de Gigord, La Flamme, les Scouts d’Europe, Bayard, Presses Pocket, Fleurus, Alain Gout … et depuis 2003 aux Editions Delahaye.

Quelques chiffres en montrent la démesure: environ 15000 œuvres recensées à ce jour, plus de 1000 romans et albums – certains ayant demandé près d’un an de travail; environ 600 revues scoutes, 300 magazines, plus de 40 calendriers, des publicités, affiches, posters, sans compter les innombrables dessins personnels. Quand on analyse la complexité de composition de certaines planches aux personnages enchevêtrés, la finesse des détails, la richesse et la précision de la documentation historique — décors, costumes, machines de guerre, navires, chevaux, palais et demeures —, on reste rêveur sur la rapidité de travail de Joubert. Il faudrait deux vies! Et justement, en commençant de dessiner à quatorze ans, et en arrêtant à 90, ça fait 76 ans de travail, soit deux vies professionnelles ordinaires : ce «laborieux» du pinceau a amassé une œuvre colossale, couvert tous les thèmes, dans des styles toujours réinventés… Il a travaillé pour des maisons d’édition aussi différentes que Gautier-Languereau, les Presses de la Cité, Hachette, Ouest-France, le Seuil, les Editions Maritimes et d’Outre-Mer, Perrin, Glénat, Fleurus, Spes, Temps Futur, La Table Ronde, Albin Michel, Presse Pocket, Mame, Plon, Marabout… et pour des journaux aussi divers que Cœur Vaillant et Jeunes Années Magazine, Bayard et Métal Hurlant, Lisette et Marine Nationale…

Romain Berthier.

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