X.B. Leprince
1 – Eric Muraise est l’anagramme de Maurice Suire, le vrai nom de X.B. Leprince.
2 – Un dessin de Pierre Joubert pour La Table de Tacfarinas apparaît sur la jaquette du Chant des abîmes mais… pas dans le livre qu’il illustre. Prévu puis supprimé ? Ou réalisé exprès pour l’annonce de la parution ?

3 – Pareil pour La Croix d’Agades, pour laquelle Pierre Joubert a dessiné une jolie scène dans un catalogue de 1962, introuvable dans le roman.

4 – On note au passage que le roman est annoncé comme le numéro 25 de la Collection Rubans Noirs. Pourtant, à la fin de La Lande de Lunebourg, on le trouve sous le numéro 27 Rubans Noirs et aussi dans la Collection Grands Romans.

5 – Une bibliographie (vraiment ?) complète, tirée de Kidékap n°6, 1999, qui consacrait un important dossier à X.B. Leprince :

6 – Dans cette liste, on trouve un nouveau titre sur Louis XVII, Histoire du grand Monarque. Ce titre était-il prévu au Signe de Piste? En tout cas sa couverture a failli être signée Pierre Joubert: des croquis existent, l’un sur fond rouge, l’autre sur fond bleu, précieusement conservés par un Collectionneur Joubert.

7 – Une biographie plus détaillée, que l’on trouve sur Internet mais aussi sur la couverture de L’Epée de Malte, et qui résoud une partie de l’énigme du pseudonyme X.B. Leprince (pour le reste, peut-être un rapport avec le petit Louis XVII qui le fascinait tant ?) :
“A sa sortie de Saint-Cyr, il fit l’Ecole des Chars, partit en Syrie, revint en France, fut fait prisonnier le 19 mai 1940 sur le canal de la Sambre, passa 5 ans de captivité à l’Offlag X.B.
De 1945 à 1953, il occupa différents postes, tant à Wurtemberg qu’à Berlin ou en Palatinat. Après un court séjour en France, il repartit pour la Tunisie et l’Algérie. De 1960 à 1967, il fut à Paris où il termina sa carrière comme conférencier à l’Ecole de Guerre et adjoint au général commandant l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale.”
8 – Encore quelques petits bouts de biographie :
“Personnalité étonnante, le colonel Maurice Suire a d’abord, sous le pseudonyme d’Éric Muraise, publié une Introduction à l’histoire militaire (1964), et collaboré aux travaux de l’Institut français de polémologie. Sous son nom, il a cosigné, avec le général Gambiez (et, en fait, écrit seul), une Histoire de la première guerre mondiale, 1968 et L’Épée de Damoclès. La guerre en style indirect, 1967, est une version abrégée d’un gros essai primitivement intitulé Les Mongols sont parmi nous.”
“Né à Châteauroux, 1908, mort à Auray, 1980. Militaire (Campagne de France, mai-juin 1940). Après la guerre, service historique de l’Armée de Terre. S’installe dans la presqu’île de Quiberon alors qu’il est colonel à la retraite pour écrire. Publie une quinzaine d’ouvrages d’histoire militaire et de stratégie. Ecrit surtout des romans scouts.”
“Le colonel Suire fut chargé de nombreuses “missions spéciales” mettant en cause à la fois la science de pointe et les mythes manipulables. Son nom est souvent cité dans les études «ésotériques» sur Louis XVII mais aussi sur la Sainte Ampoule et sa transmission au Général De Gaulle (ce qui permet à certains d’affirmer qu’il est Compagnon de la Libération – il ne figure pas sur la liste de la grande chancellerie de l’Ordre). Le colonel Suire reste étudié et connu dans l’armée française tant pour son livre sur la logistique que pour celui sur l’introduction à l’histoire militaire (réédité en 2008).”
9 – Quelques détails autobiographiques, ou plutôt souvenirs, et une presque analyse de ses propres personnages, dans la préface de Dans le sillage de l’Altaïr (Le Tesbi de nacre). Cette micro-analyse pourrait s’appliquer aussi aux Boishardy, non ?
“Ce roman résulte de la condensation de souvenirs échelonnés. Les premiers vieux de quarante ans, les seconds de douze ans et les derniers d’hier. Ils m’ont permis de constater que les sites évoqués perdaient en beauté comme en poésie lorsque les nécessités de la technique moderne et de l’exploitation du touriste amenaient des «progrès». Les pavillons de souveraineté locale et les modes vestimentaires avaient changé de couleur, mais aucunement le cœur et les mœurs des habitants. Je retrouvais mes Turcs, mes Grecs et mes Levantins, confirmés en leur comportement, et se souciant fort peu de savoir si l’étranger y voyait du bien ou du mal.
Cédant à certaines nostalgies, qui se refusaient aux effets des «progrès» plus haut signalés, j’ai décidé de situer mon histoire vers 1960, avant l’apparition des transformations majeures.
Si quelqu’un trouvait mes héros trop audacieux par rapport aux enfants de la civilisation moderne occidentale, je dirais simplement qu’ils appartiennent à une race en voie de disparition, celle des enfants d’outre-mer, qui partage la vie de leurs parents en des pays où l’on est accoutumé à certaines difficultés. Cela existe encore. Faute de contacts universitaires très suivis, leur instruction est parfois incertaine et décousue. En revanche, ils sont riches de connaissances humaines et savent assumer très tôt de grandes responsabilités. Le goût du risque leur a été donné à leur naissance et pour eux l’aventure est «au coin de la rue».” (…)
10 – Le mystère de la Mary Celeste, au centre de l’histoire de La Bête sans nom, était hier soir sur TF1, dans un reportage des 30 histoires les plus mystérieuses. X.B. Leprince a déplacé le bateau dont l’énigme n’a jamais eu de lien avec le triangle des Bermudes. Par contre les traces sur la coque font bien partie de l’histoire (on sait depuis qu’il s’agissait de rouille), tout comme l’étrange harmonium de la femme du capitaine (qui en fait n’a jamais été à bord).
–> Plus sur la Mary Celeste : Wikipedia <–
Des anecdotes, on pourrait en trouver des dizaines. Vous en avez d’autres ? N’hésitez pas !
